Il existe une scène que nous avons très probablement tous vécue. À dix-huit ans, on nous demande ce que nous voulons faire de notre vie. Pas ce que nous voulons construire, pas ce que nous voulons transmettre, pas le mode de vie auquel nous aspirons… La seule question qui semble compter est : Quel métier veux-tu faire ? Comme si le métier était la destination, alors qu’il n’est, au mieux, qu’un moyen. Pourtant, notre système est intégralement construit autour de cette vision quasi dogmatique.
Pendant des années, nous apprenons à devenir compétents. On décroche un diplôme, on trouve un emploi, on reçoit un salaire. Certains vaillants décident de se lancer et de créer une entreprise. Et toujours cette même finalité : gagner de l’argent, ce qui finit par arriver avec plus ou moins de réussite. Et là, plus rien, le programme s’arrête, la projection s’éteint.
Personne ne nous apprend ce qui vient ensuite. Comment arbitrer entre consommer et investir, comment utiliser son patrimoine pour acheter du temps plutôt que des objets, comment distinguer une dépense qui améliore réellement notre qualité de vie d’une autre qui ne fait que flatter notre ego pendant quelques semaines.
Demandez autour de vous ce que signifie « réussir financièrement ». Vous entendrez souvent la même réponse : avoir un bon salaire, bien gagner sa vie… Le prisme unique qui juge et jauge une situation financière ne se concentre qu’autour du sacro-saint revenu.
Pourtant, l’histoire économique est remplie de contre-exemples qui prouve que le revenu n’est jamais réellement une garantie ou une fin en soi, loin de là. Des sportifs millionnaires terminent ruinés, des commerciaux qui encaissent des variables déplafonnées finissent endettés, des salariés qui gagnent confortablement leur vie mais vivent avec l’angoisse permanente de perdre leur emploi…
Un flux n’est qu’un mouvement. Il peut se tarir. À l’inverse, certains patrimoines se construisent dans une discrétion presque ennuyeuse mais finissent par constituer une stabilité et une sécurité bien plus pérennes.
Le patrimoine récompense principalement la capacité à différer certaines satisfactions, à arbitrer entre plusieurs options et à accepter que toutes les bonnes décisions ne produisent pas de résultats immédiats.
Deux personnes peuvent gagner exactement le même revenu pendant vingt ans. L’une termine avec plusieurs actifs, des revenus complémentaires et une vraie liberté de choix. L’autre possède une voiture plus récente. Le revenu était identique mais les décisions ne l’étaient pas.
Nous passons tellement de temps à chercher comment gagner davantage que nous oublions de nous demander pourquoi. Pourquoi voulons-nous cette augmentation ? Pourquoi voulons-nous investir ? Pourquoi voulons-nous acheter ce bien immobilier ? Pourquoi voulons-nous ce patrimoine ?
Ces questions paraissent uniquement financières ou budgétaires alors qu’en réalité elles sont le fondement d’une stratégie patrimoniale et la seule manière d’identifier clairement ce qui serait à nos yeux une vie réussie. D’autant qu’un objectif mal défini produit presque toujours une stratégie médiocre.
Choisir de réduire son temps de travail, choisir de créer une entreprise, choisir de financer les études de ses enfants, choisir de partir un an à l’étranger, choisir de dire non à une opportunité parce qu’elle ne correspond pas à ses priorités.
Cela semble évident mais la réalité nous rappelle, souvent cruellement, que la notion de choix est assez relative. Je vous mets au défi d’expliquer à quelqu’un qui ne parvient pas à terminer financièrement les fins de mois qu’il lui suffit de quitter son entreprise s’il ne s’épanouit plus dans ses tâches.
Voilà ce que permet réellement un patrimoine. Il n’achète pas seulement des biens mais des options, des possibilités concrètes et une liberté d’agir qui constitue pour certains un actif à la valeur inestimable.
Nous cherchons le meilleur investissement, le meilleur placement, la meilleure fiscalité ou le meilleur rendement. Ces sujets sont importants mais ils arrivent beaucoup trop tôt. Avant de parler d’investissement, il faudrait peut-être répondre à une question infiniment plus simple : Que souhaitons-nous réellement construire ?
Parce qu’un portefeuille ne remplacera jamais une stratégie de vie et un excellent produit financier ne compensera jamais l’absence de réflexion. Une bonne fois pour toute : ne confondons pas les moyens avec les fins.
L’école nous apprend à gagner notre vie mais oublie simplement de nous apprendre quoi en faire une fois qu’elle est gagnée, et c’est là que le CLUB NEC prend le relai pour vous accompagner et que vos décisions quotidiennes aient du sens et des résultats concrets.