Pendant longtemps, la réponse semblait évidente. Acheter sa résidence principale était considéré comme une étape incontournable. Un symbole de réussite. Une preuve de stabilité. Une façon de préparer l’avenir.
Mais aujourd’hui, la question revient de plus en plus souvent. Avec la hausse des prix de l’immobilier, l’augmentation des taux d’intérêt et l’évolution des modes de vie, beaucoup se demandent : Acheter sa résidence principale est-il réellement un bon investissement ?
La réponse est moins simple qu’il n’y paraît, n’en déplaise à tata Monique qui ne jure que par la pierre mais qui ne saurait le justifier autrement que par un solide «c’est comme cela depuis toujours ».
Commençons par la base : ce qui attire. Acheter sa résidence principale permet de construire progressivement un patrimoine. Chaque mensualité de crédit vous rapproche un peu plus d’un bien qui vous appartient (une fois l’intérêt déduit, on y reviendra). Pour beaucoup, cette idée est rassurante. Être propriétaire apporte également une forme de stabilité. Vous n’avez plus à craindre qu’un bail ne soit pas renouvelé. Vous pouvez aménager votre logement à votre goût. Et lorsque l’on construit une vie de famille, cette stabilité devient souvent un critère important.
Une fois le crédit remboursé, le logement vous appartient entièrement. Vous pouvez continuer à y vivre. Le revendre. Le transmettre à vos proches. Pour de nombreux ménages, cette sécurité représente bien plus qu’une simple question financière.
Pas forcément. (Sinon cet article n’aurait aucune utilité). Acheter un logement implique de nombreux coûts : les frais de notaire, les intérêts du crédit, les éventuels travaux, la taxe foncière, les charges de copropriété, l’entretien du bien… Ces dépenses peuvent représenter des montants significatifs sur le long terme.
C’est souvent le point que l’on oublie lorsque l’on compare simplement une mensualité de crédit à un loyer. Et lorsqu’un bien est revendu (trop) rapidement, elles peuvent réduire fortement la rentabilité de l’opération.
S’il existe un critère déterminant dans ce débat, c’est probablement celui-ci : le temps. Plus vous restez longtemps dans votre résidence principale, plus l’achat peut devenir intéressant financièrement. À l’inverse, si votre situation est susceptible d’évoluer rapidement, la location peut offrir davantage de flexibilité. Et les raisons ne manquent pas : un changement de région, une opportunité professionnelle, une séparation, l’arrivée d’un enfant… La vie suit rarement (jamais) un plan parfaitement établi.
Dans les années 1950, un propriétaire conservait sa résidence principale pendant près de 25 ans en moyenne. Aujourd’hui, cette durée tourne autour de 15 ans, alors même que l’espérance de vie a augmenté d’environ 15 années. Un rappel que la mobilité est devenue un critère de plus en plus important dans les décisions immobilières.
Un autre bouleversement majeur est intervenu depuis les années 1970 : les prix de l’immobilier ont augmenté bien plus rapidement que les loyers, en particulier dans les métropoles les plus attractives. Cette évolution a considérablement allongé l’horizon de rentabilité de l’achat, au point de doubler, voire de tripler, la durée de détention nécessaire pour qu’une résidence principale devienne financièrement avantageuse.
« Le loyer, c’est de l’argent qu’on jette par la fenêtre » – Tata Monique. Rappelons une généralité qui a toute son importance, acheter sa résidence principale nous permet de transformer une charge (loyer) en actif (dette patrimoniale) … mais certainement pas au même prix ! À surface égale, la mensualité de remboursement est bien supérieure à un loyer, d’autant que nos attentes sont souvent revues à la hausse lorsqu’il s’agit de devenir propriétaire. On a tendance à être plus regardant et vigilent pour acheter sa résidence principale, et cela a un coût.
C’est d’ailleurs l’argument souvent avancé par les partisans de la location. Selon eux, rester locataire permet parfois de consacrer davantage de capital à d’autres investissements : les marchés financiers, l’immobilier locatif… Sur le papier, c’est théoriquement vrai mais loin d’être adaptée à tout le monde. Elle nécessite généralement : une discipline d’épargne importante, une certaine tolérance au risque et une vision de long terme.
L’avantage de l’investissement à travers sa résidence principale, c’est précisément que le virement est automatique et que le créancier (la banque) n’aime pas spécialement les impayés.
C’est probablement ce qui rend ce sujet si particulier. Contrairement à un investissement classique, une résidence principale répond d’abord à un besoin fondamental : se loger. De nouveaux critères viennent s’ajouter : confort, sécurité, attachement au quartier, plaisir de se sentir chez soi, souhait d’offrir un environnement stable à sa famille…
Autant d’éléments qui ne se mesurent pas dans un tableur Excel mais dont les répercussions seront visibles au moment de calculer le ROI (retour sur investissement).
C’est pourquoi la meilleure décision n’est pas toujours celle qui affiche le rendement potentiel le plus élevé. C’est souvent celle qui s’inscrit le mieux dans votre situation personnelle, vos priorités et les projets que vous souhaitez construire sur le long terme.
Au CLUB NEC, nous mettons l’éducation financière au cœur de notre approche. Pourquoi ? Parce qu’en matière d’argent, il existe rarement une décision parfaite. Il existe surtout des décisions plus ou moins adaptées à votre situation, à vos objectifs et à la vie que vous souhaitez construire.
Notre rôle est donc d’aider chacun à se poser les bonnes questions, à gagner en clarté sur ses priorités et à passer à l’action en utilisant les leviers les plus pertinents pour maximiser ses chances de réussite sur le long terme.
Alors, acheter sa résidence principale est-il un bon investissement ? La réponse est simple : cela dépend. Plus qu’un simple investissement, la résidence principale est souvent un véritable choix de vie. La vraie question n’est donc pas : « Est-ce le bon choix pour tout le monde ? » Mais plutôt : « Est-ce le bon choix pour moi, aujourd’hui ? »
Parce qu’en matière d’argent comme dans beaucoup d’autres domaines, les meilleures décisions sont rarement celles que tout le monde prend. Ce sont souvent celles qui sont alignées avec votre propre réalité.