Cela peut paraître provocateur. La plupart des gens ne veulent pas devenir riches. Ils veulent avoir l’air riches. Et mener une vie de riche. La différence est immense. Parce que devenir riche implique généralement de reporter certaines récompenses quand avoir l’air riche consiste précisément à les consommer tout de suite.
Et lorsqu’on observe les comportements financiers de la majorité des ménages, le constat est souvent le même : nous sommes prêts à sacrifier notre richesse future pour afficher un certain niveau de vie aujourd’hui.
Posons une question simple. C’est quoi un riche ? Une belle voiture. Une grande maison. Des vêtements de marque. Des vacances luxueuses (à peine cliché). Pourtant, aucun de ces éléments ne constitue réellement la richesse. Ce sont des dépenses. Souvent agréables. Parfois méritées. Mais des dépenses malgré tout.
Ils peuvent en être la conséquence, mais ils n’en sont pas la preuve. Une personne peut afficher un train de vie élevé tout en étant fortement endettée. À l’inverse, quelqu’un peut disposer d’un patrimoine conséquent sans que cela soit particulièrement visible. Autrement dit, la plupart des gens ne veulent pas forcément la richesse. Ils veulent le mode de vie qu’ils associent à la richesse. La nuance est importante, pour ne pas dire essentielle.
La richesse se mesure généralement moins par ce que l’on consomme que par ce que l’on possède. Et c’est peut-être là que commence le malentendu.
C’est un phénomène que beaucoup de personnes rencontrent au cours de leur vie. Les revenus augmentent progressivement. Une première augmentation permet de se faire plaisir. Puis une évolution professionnelle permet d’améliorer son confort. Un logement plus grand, une voiture plus récente, davantage de loisirs ou des vacances plus régulières. Encore une fois, il n’y a rien de problématique dans le fait de profiter davantage de son argent.
L’argent est aussi fait pour améliorer notre quotidien. La difficulté apparaît lorsque l’ensemble des revenus supplémentaires est absorbé par de nouvelles dépenses. Dans ce cas, le niveau de vie progresse mais la situation patrimoniale évolue peu. On gagne davantage. Mais on ne se rapproche pas forcément davantage de la liberté financière recherchée. Au contraire, la hausse des charges fixes entraine une dépendance et une pression financière qui ne tolère pas une potentielle baisse de revenus.
C’est un phénomène tellement courant qu’il existe même un terme pour le désigner : l’inflation du niveau de vie.
Lorsqu’on parle de revenu de capital, on pense souvent en premier lieu aux produits financiers, aux performances des marchés ou aux opportunités d’investissement. Pourtant, la plupart des écarts de patrimoine ne viennent pas uniquement (rarement) des placements choisis. Ils viennent souvent des décisions prises pendant des années.
Est-ce que l’on épargne automatiquement ? Est-ce que l’on investit régulièrement ? Est-ce que l’on adapte son niveau de vie lorsque ses revenus évoluent ? Est-ce que l’on prend le temps de réfléchir avant de prendre une décision importante ?
La construction d’un patrimoine est rarement le résultat d’une décision exceptionnelle. Elle repose généralement sur une succession de choix cohérents.
Prenons un exemple volontairement caricatural : une personne affirme vouloir devenir financièrement indépendante.
Pourtant :
Veut-elle vraiment devenir riche ? Ou veut-elle simplement éviter de changer ses habitudes ? La question peut sembler brutale mais elle mérite d’être posée. Les résultats financiers sont souvent le reflet de décisions répétées pendant des années. Pas d’une motivation affichée sur les réseaux sociaux le 1er janvier.
La vérité est que devenir plus riche nécessite souvent une forme d’inconfort. Épargner quand on pourrait dépenser. Investir quand les marchés font peur. Persévérer quand les résultats ne sont pas encore visibles. Rien de tout cela n’est particulièrement agréable. C’est d’ailleurs pour cette raison que tant de personnes abandonnent.
Elles ne manquent pas vraiment d’informations mais souvent de stratégie, de méthode ou simplement de cadre car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les connaissances ne suffisent pas toujours. Tout le monde sait qu’il est préférable d’épargner régulièrement, comme tout le monde sait qu’il est préférable de pratiquer du sport plusieurs fois par semaine.
La difficulté n’est pas de savoir mais bien de faire. Encore et encore.
Au CLUB NEC, nous sommes convaincus que les résultats financiers ne reposent pas uniquement sur les revenus ou sur les performances des marchés. Ils reposent aussi sur les comportements quotidiens, nos fameuses petites habitudes, les décisions prises jours après jours, moi après mois.
Notre objectif n’est donc pas de dire à chacun ce qu’il doit faire. Il est d’aider chacun à mieux comprendre sa situation, ses objectifs et les leviers qu’il peut réellement actionner pour construire un patrimoine durable.
La plupart des gens ne veulent pas devenir riches. Ils veulent vivre comme des personnes riches. Et ces deux objectifs conduisent trop souvent à des décisions très différentes, pour ne pas dire incohérentes. Construire un patrimoine demande du temps, de la discipline et une certaine capacité à différer les récompenses. Ce n’est pas toujours confortable, et bien rarement spectaculaire.
Mais c’est souvent ce qui fait la différence entre ceux qui rêvent d’indépendance financière et ceux qui finissent par s’en rapprocher réellement. La vraie question n’est donc pas : « Est-ce que je veux être riche ? »
Mais plutôt : « Suis-je prêt à adopter les comportements qui me permettront peut-être de le devenir ? »